Il n’est jamais facile de succéder à une icône. Ce n’est pas la Jaguar Type S qui vous dira le contraire. La petite sœur de la Jaguar MK2 a toujours souffert de la réputation de son ainée. Elle en gommait pourtant presque tous les défauts. Voici l’histoire d’une mal-aimée à laquelle il ne manquait pourtant pas grand-chose pour rentrer au Panthéon des berlines magiques.

Par Roland Borghini

TEA Cerede vous en dit plus sur la transformation de la Mark 2 qui a permis d’obtenir la fameuse Type S.

On ne touche pas aux mythes sans prendre de gants. Même Porsche s’est cassé les dents à la fin des années 80 en tentant de révolutionner sa gamme. La 928 ne remplacera finalement jamais la 911. Et c’est même le Flat Six qui aura la peau du moteur avant. En 1963, chez Jaguar, on n’a jamais encore connu ce genre d’expérience malheureuse. On fait même très attention aux légendes. On a réussi à lancer la Type E en faisant presque oublier les nobles XK. On a propulsé aussi avec succès le vaisseau amiral de la marque, l’incroyable (et immensément longue) Mark 10. Il reste à relancer la Mark 2. Car la berline sportive de Coventry s’essouffle après avoir été la reine d’un secteur qu’elle a même su créer.

La Sport Saloon se vend encore plutôt bien, mais commence à vieillir. Elle est aussi menacée par la concurrence. Certes ses performances lui permettent toujours de tenir le haut du pavé, mais elle souffre d’une boîte de vitesse élaborée avant-guerre (secondée pourtant par un super overdrive Laycock de Normanville) et surtout d’un train arrière pour le moins rétif. A Coventry, on a bien tenté de démocratiser la bête au point d’en simplifier même le nom et en la proposant en version « populaire ». L’intérieur vinyle et la boite enfin synchro des 240 et 340 ne parviendront jamais à relancer la gamme. Une chose est certaine, il faut restyler la Type S. Après tout, son dessin initial date des débuts de la Mark 1 en 1955. Le bureau de style va donc s’employer à respecter le célèbre adage « faire évoluer sans révolutionner ».

 

Le projet est nommé Utah Mk III en référence au premier nom de code de la Mark 1. Mais il porte aussi le nom en interne de XJ3.  Le patron de la marque Sir William Lyons lui-même est à la manœuvre. Il souhaite intégrer à ce restyling certaines lignes plus lisses et plus nettes déjà utilisées sur la Mark 10. L’avant n’est presque pas touché. A part les clignotants et les paupières de phares, Jaguar reprend même les parechocs de la 340 en supprimant les veilleuses du haut des ailes. La vraie nouveauté se situe à l’arrière. La poupe se voit donc rallongée pour deux raisons, d’abord il faut intégrer le bloc suspension à roues indépendantes plus volumineux qui équipe déjà la Type E et la Mark 10.  Ensuite, cela permet de prolonger la ligne de toit arrière en donnant plus de place aux passagers. Enfin, on gagne en espace de coffre. Les arches de roues arrière sont aussi abandonnées. Le réservoir divisé par deux. Un dans chaque aile, comme dans la future XJ. Le résultat n’emballe pas tout le monde. La plupart des observateurs n’apprécient pas le mélange des lignes horizontales de l’arrière avec celles de l’avant arrondi.

C’est Cyril Crouch, pourtant Ingénieur en chef Adjoint du département carrosserie à Browns Lane, qui est le moins tendre avec ce nouveau dessin. « A l’époque nous étions tous d’accord pour dire que la voiture était vilaine, finira-t-il par avouer, je vais jusqu’à penser que nous aurions dû être châtiés pour avoir produit une telle abomination !»

type s

Moche ou pas, l’auto est un succès. Jaguar qui a conservé la Mark 2 au catalogue par sécurité, parvient à vendre près de 25000 exemplaires de la nouvelle berline. La bête ne manque pas d’atouts. La nouvelle suspension arrière confère à la berline une tenue de route impériale. La nouvelle direction est plus légère. Les motorisations sont connues et bien rodées. Six cylindres 3.4 et 3.8 emmènent la berline à plus de 200 km/h car l’auto est plus légère de 150 kg. La boîte de vitesse est enfin synchro, c’est celle de la Type E. Elle est secondée par un nouvel overdrive.

A l’intérieur, Jaguar a encore amélioré le confort. On a repris la base du tableau de bord de la Mark 2 avec ses six compteurs et son gros switch de phares mais cette fois plaquée loupe de noyer, tout en ménageant une planche « vide poche » inférieure elle aussi bordée de bois. La Type S intègre un plateau à boissons rétractable et les commandes de chauffage qui surplombent élégamment la console radio.  On n’est pas loin du luxe de la MK10. On frôle en tout cas les finitions Rolls. A l’avant, les sièges ont été élargis et munis d’accoudoirs. A l’arrière la sellerie aussi a changé. Elle donne une impression d’espace. Le nouveau système de chauffage alimente enfin la banquette passager. Les portes arrières reçoivent de nouveaux accoudoirs intégrant un cendrier à couvercle et une poche à magazines.

Toutes ces améliorations ne suffiront jamais à convaincre les afficionados de la Mark 2. Pire, pour certains spécialistes, la Type S restera un intermédiaire, presque un bouche-trou entre la Mark2 et la Mark 10. Sa lignée s’éteindra d’ailleurs avant sa grande sœur. Elle sera remplacée par la 420 avec son nez à quatre phares préfigurant les célèbres XJ6. Mais ça c’est une autre histoire. Que nous viendrons vous compter bientôt.

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