Les Beatles ont très vite su dépenser leurs cachets dans ce que l’industrie automobile produisait de plus exotique à l’époque de leur gloire. Parmi eux, Lennon, l’anticonformiste et McCartney, le passionné, ont fait rentrer leurs voitures dans la légende des Fab Four.

Texte / Raymond Teverdi.

The Beatles

En 1965, lorsqu’un jeune anglais de 25 ans empochait son permis de conduire, il avait toutes les chances d’effectuer ses premières armes au volant d’une Morris Minor ou d’une Ford Anglia. Mais John Lennon, au lendemain de son examen réussi du 15 février 1965, va se rendre tranquillement chez un concessionnaire du Surrey pour y faire l’acquisition d’une Ferrari 330 GT 2+2 bleu Azzuro, pas plus intimidé que ça par le V12 de 300 chevaux de l’Italienne. Précisons toutefois que la 330 n’est pas la première voiture d’exception du jeune Beatles car, depuis juillet 64, il se fait véhiculer sur la banquette arrière d’une respectable Rolls-Royce Phantom V d’occasion modifiée selon ses goûts : Valentine Black (noir mat), chromes compris et vitres teintées. Le résultat est un peu sinistre mais la Rolls va faire sensation lorsque les Beatles se rendront à son bord à Buckingham pour y être décorés par la Reine, qui dispose du même modèle. À l’intérieur, Lennon a souhaité une banquette convertible en lit double, un radiotéléphone, une télé portable, un réfrigérateur dans le coffre, une platine disque et un lecteur de cassettes 8 pistes reliés à des haut-parleurs extérieurs installés dans les passages de roues

Rolls Royce des Beatles

En 1967, le plus anticonformiste des Beatles décide subitement de faire repeindre sa Phantom en jaune canari et de l’agrémenter d’ornementations psychédéliques, motifs floraux et autres signes zodiacaux, inspirés de la couverture de l’album « Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band », sur le point de sortir. L’artiste Steve Weaver s’est chargé de la besogne pour un résultat troublant qui va ravir Lennon mais choquer l’establishment lorsque la limousine fait sa première apparition : « On ne touche pas à une Rolls-Royce ! » se plaignent les conservateurs. Lennon va souvent raconter avec délice qu’une vieille londonienne fut tellement outrée par la vision de cette Phantom bariolée qu’elle l’a frappa avec son parapluie ! En 1968, l’anglais expédie sa Rolls aux États-Unis pour assurer la promotion d’Apple Corps, le nouveau label du groupe. Pour se déplacer en Angleterre, il va faire l’emplette d’une seconde Rolls-Royce Phantom V entièrement blanche, en harmonie avec cet état d’esprit plus contemplatif et « minimaliste » qu’il a développé au contact de sa nouvelle compagne Yoko Ono. La nouvelle Phantom va d’ailleurs apparaître dans le clip « The balade of John and Yoko ». En 1971, le duo s’exile à New York. Six ans plus tard, l’ex-Beatles s’arrange avec le fisc américain, qui lui réclame de gros arriérés, en léguant la Rolls jaune au musée Cooper-Hewitt en échange d’un crédit d’impôt de 250 000 dollars.

Facel Vega Facel II pour Ringo Starr

Durant cette période, les autres Beatles n’ont pas perdu leur temps. Leurs garages ont vu passer ce qui se fait de mieux à l’époque. Entre beaucoup d’autres : Facel Vega Facel II pour Ringo Starr, Dino 246 GTS pour George Harrison, etc. Sans oublier Aston Martin qui connait, en ces Swinging Sixties, un regain d’intérêt auquel le phénomène 007, lancé au cinéma en 1962, n’est pas étranger. Commandée en juillet 1964, Paul McCartney se fait livrer sa DB5 le 22 septembre, seulement cinq jours après la sortie de « Goldfinger », le troisième film de James Bond dans lequel Sean Connery conduit une DB5 gadgétisée Silver Birch qui deviendra universellement populaire. Pas peu fier de rouler dans la voiture de 007, bien que son exemplaire soit bleu (Sierra Blue), McCartney ne fait qu’un avec sa DB5 et la conservera six ans. Roger McGuinn, guitariste du groupe californien The Byrds, était à l’époque en tournée en Angleterre : « Un soir, les Beatles étaient dans la salle. On a sympathisé et le soir suivant, j’ai retrouvé Paul dans son club sur Saint-James. Puis, nous sommes partis nous promener dans les rues de Londres à bord de son Aston Martin DB5. C’était vraiment une époque formidable ! »

Aston Martin DB6

Plusieurs propriétaires vont succéder à McCartney dont l’animateur anglais Chris Evans qui va lui offrir son immatriculation personnalisée 64 MAC avant qu’en 2012, elle ne soit restaurée, repeinte dans le fameux gris métallisé popularisé par Bond et vendue aux enchères en 2017 pour 1,5 million d’euros. Présentée au Salon de Londres 1965, l’Aston Martin DB6 succède à la DB5 dont elle reprend la motorisation, un 6 cylindres de 4 litres développant 282 chevaux, avec quelques modifications esthétiques telles que le nouveau design tronqué de la partie arrière. Séduit, Paul McCartney se fait livrer la sienne en 1966, un exemplaire couleur Goodwood Green que le Beatles va emmener partout, notamment en vacances en France. Loin d’être blasé de posséder une telle voiture, il confiera à son ami Barry Miles son émotion lorsque la belle anglaise sera déchargée d’un avion-cargo dans le sud de la France : « C’était formidable de la voir sortir de l’avion, et surtout, j’en étais très fier. C’était une voiture très impressionnante à posséder pour un jeune type comme moi. »

La DB6 va en outre acquérir une place importante dans l’histoire des Fab Four. En 1968, alors qu’il se rend à Weybridge chez Lennon en instance de divorce avec son épouse Cynthia, McCartney, au volant de la DB6, imagine une petite chanson pour remonter le moral du fils Lennon, Jules, âgé de cinq ans. S’enregistrant avec le magnétophone à cassettes Philips qu’il a fait installer sous le tableau de bord, il commence à chantonner « Hey Jules »… Devenu « Hey Jude », le titre se vendra à des millions d’exemplaires jusqu’en 1972 quand Paul va revendre la DB6.

MCcartney Lamborghini

Quelques curiosités automobiles viendront encore compléter les écuries de John et Paul, à commencer par une rarissime Iso Rivolta Fidia à V8 Chevrolet et une Mercedes 600 Pullman pour Lennon, et quelques Lamborghini pour McCartney dont une Espada qui finira dans un étang après que son épouse Linda eut oublié d’en serrer le frein à main…

 

 

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